Ou vas t-on?

Publié le par Antoine Grüner

Je me disais déjà ça depuis quelques temps et à la suite de demandes auprès de différents vignerons lors de la récente Dive, je m'alarme devant la flambée des prix pro.
J'avais déjà du mal à comprendre certains tarifs de primeurs en Beaujolais, notamment lors de la campagne 2011 qui voyait un caviste être amené à vendre son primeur à plus de 9€ ou 9€50...
Je papote volontiers avec de nouveaux jeunes vignerons installés près de grands noms travaillant depuis plusieurs décennies et qui vendent leurs premiers ou seconds vins aux mêmes prix que leurs illustres ainés... Pour quelle raison?.. Ok, le foncier, comme élément premier...cependant tout le monde n'est pas fraichement installé en Cote Rôtie ou en Amoureuse...
Lorsque j'interroge ces vignerons sur les raisons de ces prix les réponses les plus incroyables, mais pas rares, sont : "ça se vend très bien dans les bars à vins de Paris" ... Loin de moi l'idée de faire mon Provincial militant mais je ne me vois pas vendre un verre de vin à 8€ à mes clients...

Pas qu'ils ne méritent pas de bon jaja, mais en procédant ainsi on éloigne toute une frange de buveurs amis des vins naturels qui, elle, ne regarde pas l'étiquette mais boit bon pour boire mieux, comme ne dira jamais l'autre... !

La liste des vins honnêtes et vivants que nous pouvons revendre à des prix également honnêtes se réduit comme un grec heureux...
Attention! nous risquons de nous retrouver entre initiés à nous gargariser les gosiers de grands et bons vins vivants pendant que les autres, dont la priorité n'est pas le vin, retourneront ou continueront à faire leurs emplettes de pré-soirée chez Nicolas et autres vendeurs de chimie...
Les vins naturels ont cette responsabilité d'être des témoignages en plus d'être bons. Témoigner qu'il est possible de faire autrement des vins de grande qualité. Gardons à l'esprit que ces vins que nous vendons, que nous aimons, que nous défendons sont attendus au tournant. Qu'ils soient placardisés dans certains cercles sociaux ou boboisant quelconques et j'en connais qui seront heureux. Ils pourront dire que ce n'est qu'une niche destinée à quelques hurluberlus en mal de singularisme !!

Je me mets à la place de l'acheteur chez un caviste vendant des vins honnêtes,libres et vivants. On lui propose un vin inconnu, 1er millésime d'un jeune vigneron installé hors appellation, étiquette flashy à 13 euros TTC, parfois ça lui fait un peu mal au SMIC!... Même quand c'est bon...

Je crois sincèrement que nous devons être attentifs à ces questions. Les vins vivants ne sont pas que des vins. Ils doivent transmettre un sens, une éthique. J'aime savoir que je vends de beaux et bons vins à mes clients à des prix normaux, accessibles. Des prix qui permettent de partager, d'échanger, d'offrir, de rencontrer.

Je milite pour des vins vivants, grands et Humains.

Publié dans Humeurs...

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Grüner antoine 17/02/2012 09:16

Frederic,

Il n'est aucunement question de "taper içi sur le Beaujolais" , certainement pas. Si il y a bien une région ou l'on trouve encore de grands vins à des prix abordables, c'est bien là . Je parlais du
primeur en Bojo, car j'ai vu cette année des prix hallucinants. Par contre, je vous rejoins sur la question de politique générale, il n'est pas question de taper sur les uns ou les autres, mais de
tous se nourrir, et de pouvoir faire vivre les vins que l'on aime.

frederic sornin 16/02/2012 19:54

ce n'est pas raisonnable de vouloir mettre le problemme sur les vignerons du beaujolais , c'est un probleme de politgique generale , en france c'est pour tous les produitds la meme chose , le lait
, les fruits , les legumes ... le producteur ne gagne rien , le distributeur non plus , le detaillant non plus , le transporteur non plus et le prix de vente consommateur est trop haut , je n'ai ni
le temps ni l'envie de rentrer dans un débat sans fin, mais ce n'est pas sur le beaujolais qu'il faut taper , car si vous cherchez un peu vous allez trouver de bons beaujolais à 3,00 euros que vous
pourrez vendre à 6,00 euros

Grüner antoine 16/02/2012 07:24

Merci pour ces précisions chiffrées. Le propos n'est pas de taper sur le vignerons, mais de tirer la sonnette afin que nous pensions a etre attentifs ces questions. Que tout le monde s'y retrouve,
du vignerons au consommateur, en passant par le caviste. Ce sont des questions qui doivent etre débattues, et qui doit etre à l'esprit des vignerons les plus fraichement s installés .

jules - oenovino 15/02/2012 22:56

@frederic : le 4.000 euro par ha est entendu comme un minimum. C'est la vendange à la main qui augmente autant le coût d'exploitation en Beaujo ?

frederic sornin 15/02/2012 18:25

un petit detail non negligeable , en beaujolais le cout d'exploitation d'un hectare est de 7OOO euros et non pas 4000 comme ecrit plus haut, alors merci de refaire le calcul, vous pouvez aussi
rajouter au calcul qu'un vigneron travaille 12H par jour week end compris , que sa femme lui donne souvent un coup de main et des fois ses enfants aussi